La parenthèse fraîche aura duré quelques jours à peine. Après un bref répit, la Belgique retrouve des températures élevées et l'Institut royal météorologique (IRM) a émis samedi un code jaune à la chaleur, valable du 8 au 13 août à minuit pour l'ensemble du territoire. Seule exception : le littoral, qui repassera en code vert lundi et mardi. La phase d'avertissement du SPF Santé publique est maintenue pendant toute la période.
Samedi, les maxima s'échelonnaient entre 25 degrés en haute Ardenne, 26 en bord de mer, 27 à 28 dans de nombreuses régions et 29 en Gaume. Dimanche, la chaleur s'accentue : 30 à 31 degrés attendus à l'intérieur des terres, sous un ciel largement ensoleillé.
Le vrai problème n'est pas le thermomètre
« Pour l'instant, on ne voit pas de sortie du tunnel », prévient le météorologue Pascal Mormal. Ce qui préoccupe les spécialistes n'est pas tant le pic annoncé — jusqu'à 35 degrés possibles en milieu de semaine prochaine — que la persistance du déficit de précipitations.
Plus vous allez avoir du temps chaud, plus vous allez avoir une sécheresse, et cette sécheresse va favoriser le fait qu'il y ait de moins en moins d'évapotranspiration. Pascal Mormal, météorologue
Le cercle est vicieux : sol sec, évapotranspiration réduite, atmosphère qui s'assèche davantage. Les modèles ne prévoient que 1 à 10 millimètres de pluie d'ici le 19 août. Un léger rafraîchissement pourrait survenir en fin de semaine prochaine, sans changer durablement la donne.
Un réseau électrique sous tension le soir
La chaleur a un corollaire économique désormais bien identifié : la climatisation. En journée, les panneaux photovoltaïques alimentent largement les climatiseurs. Mais quand le soleil décline, la consommation reste élevée alors que la production solaire s'effondre.
« Le vrai défi apparaît en soirée. Le pic se produit vers 21 heures », explique le professeur Damien Ernst. Vers 21 h 45, la consommation nationale dépasse encore 10 GW. En juin, le prix de gros de l'électricité a atteint 658 euros le mégawattheure un soir de canicule, avant de dépasser les 1 000 euros quelques jours plus tard — des niveaux rarement observés hors crise énergétique.
Votre facture est-elle concernée ?
- Contrat fixe : aucun impact, le tarif reste inchangé pour toute la durée du contrat.
- Contrat variable : effet limité, les prix suivent une moyenne mensuelle qui lisse les pics.
- Contrat dynamique : exposition maximale, avec des prix qui évoluent parfois au quart d'heure.
La CREG recommande de déplacer les consommations énergivores vers les heures de forte production solaire, en pleine journée.
Le stockage, réponse de long terme
Damien Ernst ne juge pas la généralisation de la climatisation incompatible avec le réseau belge, à condition d'investir dans le stockage : « L'après-midi, les prix sont très faibles grâce à l'abondance de production solaire. Il faudrait pouvoir stocker cette énergie et la restituer en soirée. »
Le Belgian Green Building Council rappelle de son côté qu'une généralisation de la climatisation pourrait augmenter la consommation annuelle d'électricité d'environ 2,47 TWh si la moitié des ménages belges s'équipaient. Un climatiseur consomme plus de quarante fois ce que consomme un ventilateur.
Risque d'incendie et vigilance
La combinaison chaleur-sécheresse relance la question des feux de végétation, longtemps considérés comme marginaux en Belgique. « Sans dramatiser à outrance, la situation est quand même assez préoccupante à plusieurs points de vue », conclut Pascal Mormal.
- Reporter les travaux extérieurs aux heures les plus fraîches.
- Veiller sur les personnes âgées, isolées ou souffrant de pathologies chroniques.
- Éviter tout feu ouvert et barbecue à proximité des zones naturelles.
- Fermer volets et rideaux en journée, ventiler la nuit.